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Corbeil Front

Guy Corbeil en compagnie de sa jument Provocante. Photo Claude Cormier

Les courses de chevaux: «En l’espace de deux minutes, ça peut changer ta vie…» -Guy Corbeil

«Les courses de chevaux, en l’espace de deux minutes, ça peut changer ta vie… » lance Guy Corbeil.

Croyez-le, c’est exactement ce qui est arrivé à ce résident du rang Ste-Marguerite à Mirabel qui a commencé à entraîner des chevaux pour son plaisir et s’est rapidement retrouvé avec une jument, Provocante, qui lui a rapporté des centaines de milliers de dollars dès la première année.

Depuis, il multiplie les succès avec ses chevaux (il en possède plus d’une trentaine actuellement, dont certains qu’il prépare pour des participations futures).

Départ fulgurant

Faisons un retour en arrière.

En 1993, Guy Corbeil travaille chez Kenworth et en retire un salaire de 12 $ de l’heure.

Sur la recommandation de sa sœur qui possédait déjà un cheval de course, il devient propriétaire d’une jument  qu’il décide d’entrainer sur la ferme paternelle de Mirabel (autrefois le territoire de l’ancienne Ville de Saint-Antoine avant la création de la Ville de Mirabel).

« Provocante (tous ses chevaux portent des noms francophones. Outre Provocante, Excitante et Électrisante, sont deux autres jument qui lui ont rapporté gros, avant de servir par la suite pour la reproduction), c’est la première.Je l’ai inscrite à des courses et elle est devenue la championne de sa catégorie.Quand tu travailles à 12$ de l’heure et tu gagnes des bourses importantes, ça change la vie … Elle va bien et le monde commence à en parler. Au point où je suis rendu, je pense qu’elle est bonne et je veux vivre l’aventure. Par contre, on est restreint dans le budget.

Je suis un salarié. J’y crois. La première course, elle rapporte 75 000 $. On fait deux ou trois autres courses. Puis, elle devient championne de sa catégorie. On finit l’année avec des gains de 360 000 $. C’est le début d’une belle aventure, mais je suis tout le temps demeuré terre à terre. Malgré tout, je ne connais pas ça tant que ça. Ça fait deux ans que j’entraîne des chevaux et je me retrouve avec la meilleure…» raconte Guy Corbeil au cours d’une rencontre sur la ferme du rang Ste-Marguerite.

Trois coupes des éleveurs

Après des débuts fulgurants avec Provocante, l’usine de Kenworth où Guy Corbeil travaille connaît une grève.

Le temps est propice à un changement de cap.

« J’ai Provocante et le monde me dit d’en profiter parce que ça n’arrive pas souvent. En 1995, l’usine où je travaille tombe en grève. J’ai alors trois chevaux à entraîner. Nous sommes à la fin 1995 et je prépare les chevaux pour 1996. Les chevaux sont-ils bons? Je ne peux pas dire … L’année suivante, mes chevaux sont encore plus dominants. Je ne gagne pas une coupe des éleveurs dans une catégorie mais dans deux catégories différentes. Je suis même plus surpris que tout le monde. En l’espace de deux ans, je me retrouve avec trois coupes des éleveurs. En l’espace de deux ans, mes chevaux rapportent environ un million $».

Par exemple, le 26 septembre 1996, sa jument Excitante court à l’Hippodrome de Québec pour une bourse de 98 000 $ et Provocante, pour une bourse de 193 000 $ à Blue Bonnet (Montréal). Elles l’emportent toutes les deux.

Ce qui ne l’empêche pas, dira-t-il, de demeurer humble («Ça n’a pas changé ma façon de travailler, de fonctionner et de voir la vie»).

Humble et prudent. «Dans le monde des courses, il faut faire attention. Tu peux avoir un succès instantané. Comme je dis tout le temps, gagner 500 000 $ c’est dur, mais dépenser 500 000 $ ce n’est pas difficile …  Aussi, il ne faut jamais changer un chèque avant une course. Il faut attendre que la course soit complétée. J’ai vu trop souvent des chevaux favoris pour remporter des courses et ne pas gagner».

Une relance

Arrive 2008 et ce que plusieurs redoutaient, les courses de chevaux disparaissent au Québec après quelques années de misère.

C’est la même année que Guy Corbeil se porte acquéreur de la taverne L’abreuvoir à Saint-Jérôme, mais ce n’est pas ce qui lui apporte le plus de satisfaction. «Pour dire franchement, je n’avais pas vraiment besoin de cela. Mais, je suis un gars de parole et je respecte mon engagement. Ce que je regrettais, c’est qu’à la fin de 2008, c’est la taverne qui me fait vivre. Ce n’était pas prévu».

Qu’à cela ne tienne, en 2009, Guy Corbeil s’impliquera avec d’autres fervents de course de chevaux à faire revivre une industrie qui a été bonne pour lui en fondant le Club jockey du Québec dans le but de «repartir les courses au Québec» et obtenir un permis de «gambling».

C’est la même année que son ami Jocelyn Faucher obtient la permission d’organiser six programmes de course à l’hippodrome de Québec (propriété de la ville). «Même si c’est minime, les courses ne meurent pas. On n’a pas les deux genoux à terre»

Mais en 2011, la Ville de Québec récupère le site de l’hippodrome pour le nouvel amphithéâtre.

Tout est à refaire.

En 2012, le groupe va visiter l’hippodrome de Trois-Rivières et rencontrer le maire.

Peu de temps après, «on va de l’avant pour acheter l’hippodrome. Nous aurons, un vrai endroit à nous pour faire des courses».

Parallèlement, on explore l’idée d’avoir des salons de paris, « ça nous prend un hippodrome pour avoir des salons de paris et ça prend des salons de paris pour envoyer un pourcentage à l’hippodrome. Sinon tu ne peux pas vivre. Tout est relié» explique Guy Corbeil qui a ouvert un salon de paris avec un partenaire à Laval et fait l’acquisition de celui du centre-ville de Montréal.

À l’heure actuelle, le chiffre d’affaires des dix salons de paris du Québec est de l’ordre de 75 M$ par année, mais Guy Corbeil ambitionne de le faire passer à 125 M$

«Avec plus d’argent, on pourrait augmenter les bourses à l’hippodrome de Trois-Rivières. Actuellement, on offre une moyenne de 2,5M$ de bourses. Quand on va monter à 5 ou 6 M$, ça va changer toutes les données».

Le meilleur au monde

Si bien que depuis quelques années, la roue a recommencé à tourner dans le monde des courses au Québec.

Il y a encore du travail à faire, mais Guy Corbeil est optimiste («À toutes les années, on écrit une page d’histoire…»).

Il l’est tout autant sur le plan de l’élevage au Québec. Un monde qu’il connaît.

Il y va même d’une prédiction :

« Je suis convaincu d’une chose: un jour, le plus grand cheval au monde va sortir du Québec».

 

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