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Honneur

Photo Claude Cormier - Le Théâtre Gilles-Vigneault a remporté des prix d’excellence pour la qualité de sa conception. On retrouve Gaétane Léveillé (à droite) en compagnie de Manon Asselin, architecte du projet.

Après 20 ans de démarches, Gaétane Léveillé a remporté sa bataille

Le Théâtre Gilles-Vigneault a ouvert ses portes en fin de semaine dernière et Gaétane Léveillé a remporté la bataille de sa vie. La retraite n’en sera que plus douce et méritée pour elle à compter de la mi-décembre. Pour tout dire, le long et tortueux chemin qui a mené à la concrétisation du projet a pris naissance il y a bien longtemps.

Long chemin

À la fin des années 90, Diffusion En Scène, dont Gaétane Léveillé est la directrice générale depuis les débuts, commence à monter un dossier. Les premières études sortent dans les années 2000. De 2007 à 2010, la Ville est porteuse du dossier et fait un dépôt d’étude au ministère des Affaires culturelles du Québec. Puis, en 2010, on donne le mandat à En Scène d’être porteur du dossier. Le 4 novembre 2013, le gouvernement du Québec octroie 70 % du financement avec une subvention de 14,6 M$. En Scène avait déjà un accord de la Ville pour 6 M$. En 2013, on lance le concours d’architecture et en 2015, c’est le début de la construction qui durera 499 jours. En cours de route, en 2016, le gouvernement fédéral octroie 3,6 M$ pour compléter le financement du projet de quelque 25 M$.

«À partir de 2013, nous avons eu quatre ans de travail intense. Aujourd’hui, nous sommes contents du résultat. Ce qui était important c’est que cette salle-là réponde aux besoins d’un diffuseur de spectacles. Nous avons là une salle de spectacle avec toutes les commodités, pensée en fonction des artistes, des spectateurs et des gens qui y travaillent. Je n’ai que de bons mots pour ce projet», confie Gaétane Léveillé au cours d’un entretien qu’elle a accordé vendredi dernier à Infos Laurentides dans ses bureaux du Théâtre Gilles-Vigneault.

Tout aurait pu basculer

Avec le Théâtre Gilles-Vigneault et ses quelque 860 places réparties sur trois niveaux, En Scène dispose d’un équipement de grande qualité qui n’a rien à envier à la majorité des autres salles de spectacle au Québec.

Il s’en est pourtant fallu de peu pour que tout bascule pour le diffuseur.

Avant de penser à une nouvelle salle, il fallait voir s’il était possible de rénover les équipements dont on disposait, notamment la salle Germaine-Guèvremont au Cégep de Saint-Jérôme et, surtout, la salle André-Prévost de la polyvalente de Saint-Jérôme.

«À la fin des années 90, c’était clair que nous n’avions pas une salle assez intéressante et que ça prenait une construction neuve», souligne Gaétane Léveillé.

Mais entre le constat et la concrétisation du projet, il y a un monde.

La directrice générale aurait bien pu céder au découragement. Pour tout dire, on a passé bien près…

«En 2010, quand on a pris le dossier, ça a pris trois ans avant qu’on ait une réponse. J’avais dit que si à la fin 2013 on n’avait pas de nouvelles, je considérerais que j’avais assez donné. Je me suis dit que Diffusion En Scène n’existera plus parce que les conditions qu’on a ne s’améliorent pas. Ça stagnait. Nous avons fait un investissement avec la Commission scolaire (de la Rivière-du-Nord) pour changer les sièges à la salle André-Prévost. Ça nous a donné un petit répit, mais ç’a été temporaire. Ça ne donnait pas pour autant une salle adéquate. Il y avait des gens qui me disaient: “tant qu’il n’y aura pas une nouvelle salle, je ne viens plus”…», confie-t-elle.

Histoire de collaboration

Diffusion En Scène aura donc réussi à passer au travers ces moments de doute et fêtera, en 2018, ses 30 ans d’existence.

Rentrée à la Ville de Saint-Jérôme en 1984 pour travailler à la Finale des Jeux du Québec, Gaétane Léveillé deviendra en 1985 régisseure aux affaires culturelles. C’est à ce titre qu’elle travaillera avec des représentants du Cégep de Saint-Jérôme à la naissance de l’organisme Diffusion En Scène pour lequel elle partagera son temps avec ses responsabilités au comité culturel de la Ville de Saint-Jérôme.

En 2001, au moment du regroupement, elle sera «prêtée» à temps plein à En Scène qui remboursait la Ville pour son salaire. Il y a deux ans, le lien de Gaétane avec la Ville de Saint-Jérôme s’est terminé officiellement.

«Je n’aurais pas dit en 1985 que je terminerais ma carrière avec la construction d’une salle de spectacle… constate-t-elle. C’est comme venu de soi. C’est vraiment l’aboutissement. Tu vis cela une fois dans ta vie.»

Dans quel état d’esprit va-t-elle quitter au mois de décembre?

«Il va y avoir beaucoup d’émotion, mais je prends ça très sereinement. Je sais que je vais revenir voir des shows. Comme j’ai dit à David (Laferrière, son adjoint qui a vu à la programmation et à la gestion au jour à jour pendant que Gaétane menait le projet du Théâtre Gilles-Vigneault et qui lui succédera), je ne serai pas sa belle-mère. C’est sûr que le temps et l’énergie qu’on y consacre, ça marque. Je pense que le premier show que je vais venir voir, ça va me rentrer dedans. C’est fait comme ça. Une salle de spectacle, c’est de l’émotion.»

Ça va être TA salle?

«MA salle? Je ne me l’approprie pas. J’ai réalisé quelque chose dans ce projet-là, c’est certain. Ça va rester dans ma mémoire et dans celle des gens qui m’entourent. Je suis Jérômienne depuis 30 ans. C’est sûr que je vais revenir.»

N’empêche que ça prend de la persévérance et peut-être un peu d’entêtement pour parvenir à un tel résultat?

«L’entêtement? C’est péjoratif comme mot. Je dirais de la persévérance. J’ai toujours maintenu cette ligne-là. Ça aurait pu prendre toutes sortes de tangentes. J’avoue qu’il y a des fois que ce n’était pas évident. J’espère juste que cette persévérance-là profitera à l’organisme. J’espère que ça se continuera dans cet esprit de persévérance parce que là, on a un équipement majeur. C’est important de soutenir l’organisme. La région va en tirer des bénéfices. Oui, la persévérance, mais un peu de tête dure…»

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