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"Six signalements sur 10 proviennent des employés de la ville… " note Jacques Duchesneau. Photo Claude Cormier

Jacques Duchesneau dépose son rapport: pour chaque dollar investi on est allé en chercher deux…

L’inspecteur général de la Ville de Saint-Jérôme, Jacques Duchesneau, a rendu public la semaine dernière son tout premier rapport.

Au terme de sa première année d’opération (11 mois pour être précis puisque l’organisme a officiellement été créé en mars 2017), le Bureau de l’intégrité professionnelle et administrative (BIPA) a fait mouche. Grâce au programme de remboursement volontaire et aux activités de surveillance des contrats, la Ville de Saint-Jérôme a réussi à dégager des sommes totalisant 1,5 million $. Jacques Duchesneau parle de presque  2 millions $, dans les faits.

Les dépenses du BIPA pour les 10 mois d’opérations ayant coûté quelque 893 808 $ aux contribuables jérômiens, ça veut dire que pour chaque dollar investi on est allé en chercher deux, comme se plaisent à mettre en relief les autorités.

De la résistance à l’interne

Qui s’étonnera qu’un passage du rapport fasse état du fait que «de 1996 à 2012, un grand nombre d’entrepreneurs ont gonflé les montants de leurs soumissions à Saint-Jérôme. Comme le voulait le stratagème de collusion développé durant cette période» ?

On avance que le gonflement des prix serait de l’ordre de 20 à 30 %.

Dans sa traque des coupables, Jacques Duchesneau a rencontré pas moins de 500 employés de la Ville de Saint-Jérôme. Non seulement a-t-il colligé des informations, il en a profité pour faire de la sensibilisation.

«Six signalements sur 10 proviennent des employés de la ville. Ces gens-là savent de quoi ils parlent… »

N’empêche que M.Duchesneau a rencontré certaines résistances.

« Nous avons changé des façons de faire… » note-t-il. «Il y a eu de la résistance à l’interne. Des gens étaient impliqués. Pour qu’un système fonctionne, ça prend des gens à l’interne qui contribuent à le faire fonctionner… »

Maher surpris

Pour un, le maire Stéphane Maher, confie qu’il est quelque peu surpris des résultats des démarches menées pour aller récupérer les sommes d’argent pour lesquelles la Ville de Saint-Jérôme avait été flouée.

«Je ne m’attendais pas à ce que ça soit aussi rapide que ça… » a-t-il dit, en entrevue avec Infos Laurentides.

Bien plus, la présence du BIPA permet aussi de travailler en prévention.

«Nous avions eu vent qu’il y avait collusion dans un appel d’offre. On a demandé de vérifier. Effectivement, c’était vrai. Il y avait de la collusion pour 500 000 $. On a recommencé le processus» confie M.Maher.

Et encore: « étonnamment, on a souvent des appels d’offre qui sortent en bas de ce qu’on a estimé, même si nos prévisions étaient en bas de celles des années précédentes».

Dans le contexte, la ville entend-t-elle entamer des procédures judiciaires contre les fautifs?

« C’est dans le mandat des gens du BIPA. Ils travaillent là-dessus. Ils ont un mandat bien précis. Ça se fait en collaboration avec l’UPAC (Unité permanente anti-corruption).

D’ailleurs quand on demande à Jacques Duchesneau s’il a transféré certains dossiers à l’UPAC, il répond tout de go: «beaucoup…»

Visites de chantiers

Par ailleurs, en plus de continuer à aller chercher des sommes payées indûment par la Ville de Saint-Jérôme et de scruter les contrats, les gens du BIPA entendent bien aller sur le terrain pour surveiller certains travaux.

C’est ce que Jacques Duchesneau a révélé au représentant d’Infos Laurentides au cours d’une rencontre vendredi dernier.

« Nous l’avons fait un peu en 2017, mais en 2018, nous entendons faire des visites de chantier régulières. Si un contracteur met huit pouces de pierre concassée quand ça en prendrait 12, nous allons le savoir… » de dire M.Duchesneau.

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